Dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, le système de santé local peine à se relever de la guerre. Plus d’un an après les violents affrontements qui ont secoué la localité d’Alimbongo, les structures médicales portent encore les stigmates profonds des combats, a constaté mercredi 8 juillet le reporter de Radio Okapi. Entre bâtiments éventrés par les obus et manque criant d’intrants, le personnel soignant est contraint de rivaliser d’ingéniosité pour continuer à sauver des vies dans des conditions d’une extrême précarité.
Le visage actuel du centre de santé d’Alimbongo témoigne de la violence des bombardements passés : des toitures arrachées, des murs troués par des éclats d’obus et des décombres envahis par la végétation. Avant la crise, cette structure de référence disposait d’une capacité d’accueil de 35 lits d’hospitalisation.
Pour ne pas abandonner la population, les infirmiers ont dû réorganiser l’espace dans l’urgence. Les services de médecine générale et la maternité se retrouvent désormais entassés sous un seul et même toit.
Janvier Kambale, infirmier titulaire du centre de santé d’Alimbongo, décrit ce quotidien difficile :
« Actuellement, il n’y a pas de services interrompus. La perturbation s’observe dans les services d’observation, du fait que nous avons été dans l’obligation de délocaliser ces services dans une partie du bloc abritant la maternité… Nous avons besoin de médicaments, de matériel médical et de la réhabilitation de notre bloc d’observation. À tous les partenaires qui me suivent en ce moment, je leur demande d’orienter l’appui dans ma structure sanitaire, le centre de santé Alimbongo ».
Un système de santé local sinistré
Le centre de santé n’est pas la seule victime de ce conflit. Le Bureau central de la zone de santé (BCZ) a lui aussi été lourdement touché par les frappes, obligeant l’administration sanitaire locale à se délocaliser vers des locaux de fortune.
Entre les infrastructures bombardées, les pillages de pharmacies et les actes de vandalisme systématiques subis pendant les combats, l’offre de soins est exsangue. Un appel pressant est lancé au gouvernement congolais et aux organisations humanitaires internationales pour financer la reconstruction des blocs médicaux et le réapprovisionnement en urgence de la pharmacie provinciale afin de garantir à nouveau un accès digne et sécurisé aux soins pour des milliers de familles.






