L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a saisi, lundi 22 juin, le Parquet général près la Cour de cassation à Kinshasa afin de dénoncer des individus accusés d’usurper l’identité du parti présidentiel ainsi que celle de son aile dite « Force du Progrès ».
À travers cette démarche, le secrétaire général du parti politique UDPS, Augustin Kabuya, entend obtenir des poursuites judiciaires pour mettre fin aux actes de violence et aux débordements attribués à ces personnes. L’objectif affiché est de protéger l’image de l’UDPS, restaurer la discipline interne et rappeler que la « Force du Progrès ne doit en aucun cas servir de refuge à des malfaiteurs ou criminels », selon Amisi Makutano, député national et président de la Ligue des jeunes de l’UDPS.
L’UDPS défend une initiative judiciaire
Dans les rangs du parti, cette initiative est présentée comme une réponse nécessaire face à ce que ses responsables qualifient de manipulation et de récupération politique.
Selon Amisi Makutano, la décision de saisir la justice vise à mettre en lumière les véritables responsables des violences enregistrées lors de certaines manifestations.
Il accuse certains acteurs de l’opposition d’être à l’origine des troubles, tout en cherchant à en faire porter la responsabilité au parti présidentiel.
« C’était important pour l’UDPS de pouvoir prendre une décision de saisir la justice parce que l’opposition veut marcher avec le mensonge des incriminations pour se victimiser sous une appellation de la Force du Progrès. Quand ils sont débordés par leurs événements, ils collent cela au nom de l’UDPS », explique-t-il, évoquant des incidents marqués par des violences et l’utilisation d’armes blanches.
L’UDPS affirme ainsi vouloir démontrer son engagement en faveur de la démocratie et du respect des règles, en laissant la justice établir les responsabilités.
L’opposition dénonce une « stratégie de détournement »
Mais cette démarche est loin de faire l’unanimité au sein de la classe politique. Plusieurs voix de l’opposition dénoncent une manœuvre visant à détourner l’attention de l’opinion publique.
Prince Epenge, cadre de la coalition Lamuka, estime que la plainte ne répond pas aux véritables enjeux de sécurité.
« La plainte de l’UDPS au Parquet général vise en réalité la protection du groupe terroriste « Force du Progrès ». Il s’agit d’une fuite en avant, une distraction et une désorientation de l’opinion nationale et internationale », a-t-il déclaré.
Il va encore plus loin en accusant l’UDPS de chercher à masquer les responsabilités des violences commises, selon lui, par ce mouvement affilié à l’UDPS, qu’il qualifie de « milice » :
« La plainte déposée par l’UDPS au Parquet Général est un stratagème pour couvrir les dégâts, les crimes et les violences perpétrées par la milice des Forces du Progrès ».
Ce cadre de Lamuka appelle les autorités à des mesures plus radicales pour restaurer l’ordre public.
« Il faut à tout prix que cette milice soit interdite de toute activité pour préserver la paix sociale », insiste-t-il, mettant en cause la responsabilité des autorités politico-judiciaires en cas d’inaction.
Pour l’opposition, la priorité devrait être le démantèlement des structures informelles portées dans plusieurs carrefours de la capitale, décrits comme des « bureaux de fortune » servant de bases aux jeunes de la Force du progrès.






