La coalition formée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les groupes d’autodéfense dits Wazalendo a repris l’initiative sur le terrain dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu). Elle s’est rapprochée, ces dernières heures, des agglomérations stratégiques de Ngungu et de la cité minière de Rubaya, à l’issue de violents affrontements qui l’ont opposée aux rebelles de l’AFC/M23 depuis vendredi 26 juin.
Selon plusieurs sources locales, la situation restait tendue jusqu’à la matinée de ce lundi 29 juin. Des tirs d’armes lourdes et légères étaient encore entendus dans la zone de Kabingu, située sur l’axe Ngungu, en chefferie des Bahunde. Des détonations d’artillerie y ont été signalées dès les premières heures de la journée, témoignant de combats toujours en cours ou de positions encore disputées.
D’après des témoignages concordants, les combats ont débuté tôt vendredi matin lorsque des combattants Wazalendo, appuyés par les FARDC, ont lancé des attaques simultanées dans plusieurs entités du territoire de Masisi. L’offensive s’étend également à certaines localités du territoire voisin de Kalehe, dans le Sud-Kivu.
Après deux jours d’hostilités intenses, la coalition aurait réussi à reprendre le contrôle de plusieurs positions jugées stratégiques. Parmi celles-ci figurent la localité de Kasake, située à proximité de Ngungu et de Rubaya, ainsi que les collines de Runigi et de Kanyarubere, dans le groupement Kibabi. Ces zones offrent un avantage tactique important dans la progression vers les centres urbains.
Cependant, la dynamique des combats reste fluctuante. Les sources locales caractérisent une situation « volatile », marquée par des échanges de tirs sporadiques et des mouvements de troupes de part et d’autre.
Plusieurs zones sous tension
Outre Ngungu et Rubaya, d’autres localités restent sous pression. C’est le cas notamment de Kasenyi, Luke et leurs environs, dans le secteur Osso-Banyungu, où la présence des belligérants continue de susciter une forte inquiétude au sein de la population.
Par ailleurs, des affrontements ont également été signalés vendredi dans les localités de Mindjendje, dans le territoire de Walikale, ainsi qu’à Bibwe, dans le groupement Bashali Mokoto, toujours dans le Masisi. Ces foyers de tension laissent entretenir une extension géographique des combats dans la région.
Une situation humanitaire préoccupante
Sur le plan humanitaire, la reprise des combats a fortement perturbé la vie des habitants. D’importants mouvements de population ont été enregistrés durant le week-end dans les zones affectées. Des familles entières ont fui les villages exposés aux affrontements, cherchant refuge dans des localités jugées plus sûres.
Cette nouvelle escalade aggrave une situation déjà fragile dans cette partie du Nord-Kivu, où les populations civiles restent régulièrement prises au piège des violences armées.
Ces affrontements interviennent dans un contexte particulier. Samedi 27 juin marquait en effet le premier anniversaire de la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, connu sous le nom d’« accord de Washington ». Cet accord visa notamment à apaiser les tensions sécuritaires dans l’est de la RDC.
Un an plus tard, la persistance des combats dans le territoire de Masisi illustre les défis majeurs qui subsistent pour le rétablissement de la paix dans la région.
Malgré les avancées annoncées par la coalition FARDC-Wazalendo, la situation sur le terrain demeure incertaine, avec des affrontements encore en cours et des populations civiles toujours exposées aux conséquences des violences.






