Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) tire la sonnette d’alarme face à la détérioration rapide des conditions de vie dans les camps de personnes déplacées de la province de l’Ituri, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). La surpopulation et les conditions d’hygiène précaires dans ces sites font craindre une propagation accrue du virus Ebola, a rapporté OCHA, vendredi 19 juin.
Selon les Nations Unies, plus de 270 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, vivent actuellement dans plus de 60 sites de déplacement disséminés à travers la province. Beaucoup de ces camps ne disposent pas d’un accès suffisant aux services essentiels, notamment l’eau potable, l’assainissement et les soins de santé de base.
Cette situation humanitaire déjà fragile s’aggrave sous l’effet de la promiscuité, qui favorise la propagation des maladies infectieuses, dont Ebola, dans une région déjà fortement affectée par l’épidémie.
L’ONU a reçu des informations alarmantes de partenaires locaux indiquant qu’au moins 13 personnes sont mortes entre le 17 et le 18 juin dans deux camps situés à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
Des équipes d’intervention ont été déployées en urgence afin de déterminer si ces décès sont liés au virus Ebola. L’objectif est de mettre en place rapidement des mesures de riposte adaptées pour contenir toute propagation supplémentaire.
Depuis avril, au moins 62 décès ont été enregistrés dans des camps situés autour de Bunia, illustrant la gravité de la situation sanitaire dans ces sites accueillant des déplacés.
Une épidémie aggravée par la méfiance et les lacunes en prévention
Ces décès surviennent dans un contexte de recrudescence générale du virus Ebola dans la ville de Bunia et ses environs. Plusieurs facteurs contribuent à l’aggravation des risques de transmission :
la méfiance persistante des communautés à l’égard des structures de santé ; la surpopulation extrême dans les camps de déplacés ; les insuffisances dans les mesures de prévention et de contrôle des infections ; et la gestion non sécurisée des dépouilles, qui demeure un vecteur important de transmission.
Dans ces conditions, les autorités sanitaires et les acteurs humanitaires peinent à enrayer efficacement la propagation du virus.
L’Ituri, épicentre de l’épidémie
La situation est d’autant plus préoccupante que la province de l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, concentré plus de 90 % des cas confirmés au niveau national.
Face à cette urgence, l’OCHA et ses partenaires appellent à un renforcement immédiat de l’assistance humanitaire, notamment en matière d’accès à l’eau, à l’assainissement, aux soins de santé et à la sensibilisation communautaire.
Les Nations Unies soulignent que les capacités actuelles de réponse restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Sans un appui accumulé de la communauté internationale et un accès humanitaire sécurisé, la situation pourrait continuer à se détériorer, mettant en danger des centaines de milliers de personnes déjà vulnérables.
L’alerte lancée par l’OCHA met en lumière l’urgence d’une action coordonnée pour améliorer les conditions de vie dans les camps de déplacés et contenir la propagation d’Ebola en Ituri.
Au 17 juin, les autorités avaient signalé 896 cas confirmés dans l’Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Le Plan d’intervention humanitaire 2026, qui prévoit un montant de 1,4 milliard de dollars, vise à répondre à l’ensemble des besoins humanitaires, notamment en matière de sécurité alimentaire, de protection, d’eau et d’assainissement, de soins de santé et d’éducation, pour 7,3 millions de personnes parmi les plus vulnérables de la RDC. À ce jour, un peu plus de la moitié de cet appel de fonds a été financée, avec 745 millions de dollars reçus, note OCHA.






