En cette période de vacances scolaires à Kinshasa, les kermesses battent leur plein et attirent des milliers de jeunes. Mais leur organisation récurrente au sein même des établissements scolaires, en violation des interdictions officielles, relance un vif débat dans la capitale : ces rassemblements sont-ils encore des espaces de saine détente ou sont-ils devenus des lieux de dépravation des mœurs ?
Pour les acteurs éducatifs et la société civile, interrogés par Radio Okapi lors de l’émission Okapi Service, le constat sur le terrain révèle une dérive inquiétante par rapport à la vocation initiale de ces événements.
Un déficit d’infrastructures publiques pointé du doigt
Selon Serge Bonde, coordonnateur de l’ONG l’IMAE, l’invasion des cours d’écoles s’explique principalement par la rareté des espaces publics de loisirs aménagés dans la ville. Cette carence pousse les organisateurs à investir les enceintes scolaires, entraînant des retombées insalubres et morales dramatiques au quotidien :
« Le matin, ce sont des déchets, des tiges de brochettes, de préservatifs qui jonchent les espaces des écoles ».
Plaidoyer pour un retour aux valeurs d’origine et un aménagement urbain adapté
Face à cette transformation de l’image des kermesses, les citoyens s’interrogent sur les alternatives à offrir à la jeunesse kinoise.
Arthur Kabamba milite pour un retour à l’esprit originel de ces festivités :
« Auparavant, la kermesse était pour les vacances des élèves, c’est pour la détente après avoir beaucoup travaillé au courant de l’année scolaire. Alors pourquoi ne pas retourner au sens originaire de la kermesse ? »
Pour pallier ce problème de fond, Serge Bonde préconise une véritable politique d’aménagement urbain axée sur la création d’espaces de loisirs modernes et sécurisés. L’objectif est d’offrir aux jeunes des cadres de détente épanouissants sans pour autant détourner les écoles de leur mission éducative et morale.






