Les habitants du quartier Mombele, dans la commune de Limete (Kinshasa), dénoncent une multiplication d’arrestations arbitraires visant les jeunes à la tombée de la nuit. Ces interpellations furent suivies d’exigence de rançons pour obtenir la libération des prévenus, installant ainsi un climat de peur dans cette partie de la capitale.
Dès 19 heures, les rues de Mombele se vident préventivement. Les jeunes du quartier affirment être la cible des patrouilles policières, qui agiraient sans motif valable. Le mode opératoire décrit par les victimes implique des agents en tenue civile agissant comme éclaireurs avant l’intervention des forces de l’ordre.
Des libérations monnayées
Plusieurs victimes témoignent avoir été emmenées dans des sous-commissariats, où leur relaxe a été conditionnée au versement de sommes importantes.
« Ils m’ont immédiatement arrêté. Ils m’ont ensuite amené au sous-commissariat où ils m’ont exigé de payer 80 000 francs congolais (34,7 USD). Sinon, ils allaient me transférer à l’Echangeur », témoigne un jeune habitant victime d’une arrestation récente.
Outre les préjudices financiers, ces opérations nocturnes sont parfois marquées par des violences physiques et des tirs de sommation qui exacerbent la tension au sein de la population.
La police appelle à la dénonciation
Contactée à ce sujet par Radio Okapi, la hiérarchie de la police nationale dit ne pas être informée de ces dérives locales. Un responsable a toutefois encouragé les victimes à dénoncer formellement ces cas d’extorsion.
Cette démarche permet aux services de commandement de documenter les abus et d’engager des poursuites pour décourager ces pratiques au sein des unités de terrain.



