L’Union européenne (UE) a exhorté, vendredi 12 juin, les autorités congolaises à renforcer leur engagement financier et stratégique dans la mise en œuvre de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS), en insistant sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources internes plutôt que de dépendre exclusivement de l’aide extérieure.
Cette recommandation a été formulée lors d’une réunion de la communauté internationale, tenue vendredi à Kinshasa, consacrée à l’accompagnement de la RDC dans la refondation de son appareil sécuritaire.
La rencontre, placée sous la direction de la MONUSCO, a réuni plusieurs partenaires internationaux engagés dans le processus de réforme du secteur de la sécurité en RDC. À l’issue de près de deux heures d’échanges, les participants ont réaffirmé leur volonté d’accompagner le pays dans la mise en place d’une politique de sécurité plus efficace, durable et adaptée aux défis actuels.
Présent à cette réunion, le conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité, Cachemire Eberande Kolongele, a confirmé la mobilisation et la solidarité des partenaires internationaux impliqués dans ce chantier stratégique.
Une réforme jugée urgente et structurante
Les échanges ont permis de dégager un consensus : la RSS constitue l’un des chantiers les plus urgents et les plus structurants pour l’avenir de la RDC.
Face à des défis persistants tels que l’instabilité chronique dans l’Est du pays, l’activisme des groupes armés et les problèmes de gouvernance sécuritaire en milieu urbain, les participants ont souligné que la réforme ne peut se limiter au seul volet militaire. Elle implique une transformation en profondeur de l’ensemble du système sécuritaire, incluant la gouvernance, la justice et les mécanismes de redevabilité.
Ainsi, le RSS est perçue comme un levier central pour la consolidation de l’État et le renforcement de son autorité sur l’ensemble du territoire.
Kinshasa salue l’appui des partenaires
Intervenant au nom du Président de la République, Cachemire Eberande Kolongele a exprimé la reconnaissance du Gouvernement envers les partenaires internationaux pour leur engagement constant dans ce processus.
Il a également profité de cette tribune pour lancer un appel à une mobilisation accumulée de la communauté internationale face à « l’agression rwandaise » dans l’Est de la RDC, une situation qui continue d’alimenter l’insécurité dans plusieurs provinces.
L’Union européenne insiste sur la responsabilité nationale
De son côté, le chargé d’affaires de l’Union européenne a insisté sur un point clé : la réussite de la réforme dépendra avant tout de l’engagement des autorités congolaises elles-mêmes.
Il a notamment encouragé le gouvernement à augmenter la part des ressources nationales allouées au secteur de la défense et de la sécurité, et à réduire la dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure.
Selon lui, cet effort est indispensable pour garantir la soutenabilité et l’appropriation nationale de la réforme à long terme.




