Quelques jours après les violences qui ont secoué la région de Nyakunde, à environ 45 kilomètres au sud-ouest de Bunia, les activités reprennent progressivement depuis le lundi 20 juillet. Toutefois, la fréquentation du Centre de traitement d’Ebola demeure faible et une partie du personnel soignant n’a pas encore regagné son poste, en raison d’un climat de peur persistant au sein de la population.
Les affrontements survenus le 15 juillet entre des militaires et des miliciens, à la suite de la mort du chef de la milice Front patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), ont provoqué des déplacements de population et perturbé les activités sanitaires dans cette partie du territoire d’Irumu. Plusieurs habitants, ainsi que des agents de santé impliqués dans la riposte contre Ebola, avaient quitté la zone par mesure de sécurité.
Selon l’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI), la situation s’améliore progressivement à Nyakunde, Marabo et dans les localités environnantes. Les activités économiques et sanitaires ont repris, mais la psychose demeure présente parmi les habitants, qui redoutent de nouveaux incidents.
L’UNADI indique que quatre patients atteints du virus Ebola, qui s’étaient enfuis du Centre de traitement pendant les violences, ont été ramenés par leurs familles et des membres de la communauté afin de maintenir leur prise en charge médicale. Malgré ce retour encourageant, le nombre de patients fréquentant le Centre reste limité et certains membres du personnel sanitaire, notamment parmi les partenaires internationaux, ne sont toujours pas revenus.
Face à cette situation, l’UNADI et le Conseil provincial de la jeunesse lancent un appel aux populations déplacées afin qu’elles régagnent leurs villages. Les deux organisations exhortent également le personnel soignant à reprendre ses activités, estimant que les conditions de sécurité sont améliorées.
Sur le terrain, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont renforcé leur présence pour assurer la protection des populations civiles et des infrastructures stratégiques. De son côté, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a déployé une base opérationnelle mobile à Marabo afin de consolider le dispositif sécuritaire dans cette zone sensible du territoire d’Irumu.
Par ailleurs, selon l’UNADI, la milice FPIC a réaffirmé, dans un communiqué, son engagement à respecter les accords d’Aru II, qui concernent la cessation définitive des violences en Ituri. Une annonce qui suscite l’espoir d’un retour durable à la stabilité, condition essentielle pour permettre aux populations déplacées de rentrer chez elles et aux équipes médicales de poursuivre pleinement la lutte contre Ebola.






