Protéger la jeunesse contre des maladies évitables, tel est le mot d’ordre des campagnes de vaccination en cours, depuis mardi 21 avril, dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo (RDC). De la Tshopo à l’Ituri, en passant par le Nord-Kivu, les autorités sanitaires et leurs partenaires redoublent d’efforts pour atteindre au moins 23 millions d’enfants.
Tshopo : une double offensive
La division provinciale de la santé de la Tshopo a lancé, mardi dernier, une campagne qui s’étend sur les 23 zones de santé de la province. Deux volets majeurs sont ciblés :
- Poliomyélite : plus de 92 000 enfants de 0 à 59 mois doivent recevoir les précieuses gouttes de vaccin.
- Rougeole et rubéole : plus de 2 millions de jeunes âgés de 6 à 14 ans sont concernés.
Les autorités locales insistent sur le rôle de parents, appelés à devenir des « ambassadeurs » de la campagne en sensibilisant leur entourage et en amenant leurs enfants dans les sites de vaccination.
Ituri : vacciner malgré l’insécurité
En Ituri, près d’1,5 million d’enfants sont attendus pour la vaccination contre la poliomyélite. Les équipes de santé se déploient jusque dans les zones affectées par les violences, comme Djugu et Mambasa, et prennent en compte les enfants déplacés.
Le gouverneur Johnny Luboya N’kashama appelle les familles à accueillir favorablement les vaccinateurs, afin de protéger les enfants contre cette maladie invalidante. La campagne en Ituri se déroule en stratégie porte-à-porte sur trois jours.
Nord-Kivu : agir ensemble pour protéger les enfants
À Beni, chef-lieu temporaire de la province du Nord-Kivu, la campagne a été officiellement lancée le 22 avril au rond-point Nyamwisi. Plus de 3 millions d’enfants de 0 à 59 mois sont ciblés dans les 34 zones de santé de la province.
L’insécurité et les déplacements de population favorisent la circulation du poliovirus, a rappelé le vice-gouverneur Louis Second Karawa; d’où l’urgence de renforcer l’immunité collective.
Des parents, comme Jeanne Kyakimwa, ont témoigné de leur engagement :
« Mon enfant a trois mois. Je l’ai amené pour qu’il soit vacciné et protégé contre différentes maladies ».
Rougeole à Oicha : une alerte supplémentaire
Dans la zone de santé d’Oicha, territoire de Beni, au moins 256 cas de rougeole ont été notifiés depuis janvier dernier, dont deux décès. Les enfants touchés ont entre 6 mois et 10 ans.
« Seulement du 1er jusqu’au 19 avril, nous venons de notifier 103 cas, mais sans décès. Au début, c’était au niveau des sites de déplacés, mais actuellement, les cas sont éparpillés dans les aires de santé », rapporte Archippe Kyusa, infirmier superviseur chargé des activités préventives et de la surveillance épidémiologique dans la zone de santé d’Oicha.
Face à cette recrudescence, une stratégie de vaccination autour des cas est mise en œuvre dans les sites de déplacés et certaines aires de santé, poursuit l’infirmier :
« Nous avons fini de vacciner dans l’aire de santé de Tenambo. Nous avons aussi vacciné dans les sites de déplacés à Eringeti, à Mbau et à Mavivi ».
Il regrette toutefois le manque de moyens pour organiser une campagne de plus grande envergure.
Réduire la mortalité infantile au Kwilu
Au moins 3 254 655 enfants, âgés de 6 mois à 14 ans, sont ciblés pour la vaccination contre la rougeole et la rubéole dans les 24 zones de santé que compte la province du Kwilu.
Cette campagne, lancée mardi 21 avril dans la ville de Bandundu, prévoit également la vaccination de 1 337 239 enfants âgés de 0 à 59 mois contre la poliomyélite, à travers la co‑administration du vaccin oral, à raison de deux gouttes administrées par voie orale.
Ces campagnes simultanées dans plusieurs régions du pays illustrent la détermination du Gouvernement congolais et de ses partenaires à éradiquer la poliomyélite et à contenir la rougeole. Mais leur réussite dépend avant tout de la mobilisation des parents et de la communauté. « Vacciner, c’est protéger : un geste simple qui garantit aux enfants un avenir plus sain et prometteur », rappellent les autorités sanitaires.






