Le Gouvernement congolais affirme avoir renforcé le dispositif de veille, d’assistance consulaire et de coordination communautaire à travers son ambassade à Pretoria afin de protéger les citoyens congolais, victimes de la xénophobie en Afrique du Sud.
La ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a rapporté cette politique du gouvernement lors de son intervention, vendredi 8 mai devant l’Assemblée nationale.
Depuis plusieurs semaines, une recrudescence d’actes de xénophobie est enregistrée dans plusieurs provinces sud-africaines, notamment le KwaZulu-Natal, le Gauteng et le Cap-Occidental.
Discours xénophobes
Selon le ministre Kayikwamba, les incidents les plus graves ont été enregistrés les 5 et 6 mai dans la ville de Durban, où plusieurs résidences occupées par des ressortissants étrangers ont été ciblées :
« Les informations transmises par notre ambassade à Pretoria font état d’actes d’intimidation, de vandalisme, de pillages et d’agressions physiques dans plusieurs quartiers abritant des communautés étrangères africaines ».
Cette situation intervient dans un contexte socioéconomique tendu en Afrique du Sud, selon elle, marqué notamment par :
un chômage élevé des tensions sociales persistantes l’instrumentalisation croissante de la question migratoire une montée de discours populistes et xénophobes, notamment sur les réseaux sociaux et certaines plateformes communautaires.
Aucun décès
« A ce jour, plusieurs cas impliquant des ressortissants congolais ont été probablement recensés par notre ambassade. Certains compatriotes ont été grièvement blessés, d’autres ont subi des pertes importantes de biens ou ont dû quitter temporairement leurs lieux de résidence pour des raisons de sécurité », a détaillé la cheffe de la diplomatie congolaise.
Elle a évoqué notamment une résidence congolaise entièrement saccagée à Durban Sud, où plusieurs citoyens congolais ont été agressés, ainsi que des victimes ayant nécessité une prise en charge médicale urgente.
« Outre les violences physiques, plusieurs compatriotes vivent dans un climat d’insécurité et une forte détresse psychologique. A ce stade, aucun décès de ressortissants congolais n’a heureusement été enregistré », a poursuivi Thérèse Kayikwamba.
Face aux députés nationaux jeudi 7 mai, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji avait qualifié ces comportements de contraires « aux valeurs africaines de solidarité et de fraternité ». Selon lui, ces actes portent également atteinte aux principes de libre circulation et d’intégration promus sur le continent africain.
Le même jour, Aimé Boji Sangara avait en outre annoncé le déploiement prochain d’une délégation parlementaire en Afrique du Sud.
Cette mission s’inscrit dans le cadre de la diplomatie parlementaire et aura pour objectif d’engager des consultations avec les autorités et parlementaires sud-africains sur la protection des ressortissants congolais et le renforcement de la coopération entre les deux pays.






