La situation humanitaire est alarmante dans le territoire de Djugu, où environ 85 000 personnes sont privées de mouvement depuis plus de trois mois. Bloquées entre les positions de l’armée régulière et les miliciens de la Convention pour la révolution populaire (CRP), ces personnes demandent l’ouverture immédiate d’un couloir humanitaire pour accéder à l’eau et à leurs champs.
Composé d’habitants de Bule et de déplacés du site de la plaine de Savo, ce groupe vit dans des conditions de précarité extrême. Mercredi 29 avril à Bunia, une rencontre facilitée par la MONUSCO a permis aux représentants des déplacés d’exposer leurs doléances au commandement de la 32ᵉ région militaire.
Une “prison à ciel ouvert” et une mortalité en hausse
L’enclavement de la zone empêche tout approvisionnement. Selon le comité des déplacés et la société civile, les conséquences sont tragiques :
- Famine : plus de 60 personnes seraient mortes de faim depuis le début du mois de mars.
- Mortalité quotidienne : entre deux et cinq décès sont enregistrés chaque jour dans le site.
- Accès aux services de base : les habitants n’ont plus accès à l’eau potable ni à leurs activités agricoles.
« Qu’on ouvre le couloir humanitaire, qu’on laisse la population sortir du site parce qu’on ne peut pas vivre cloisonné… les gens ne peuvent pas aller aux champs ni puiser de l’eau », a plaidé Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile de l’Ituri.
Restaurer la confiance civilo-militaire
Au-delà de l’aspect logistique, les déplacés dénoncent un climat de suspicion. Ils affirment craindre les éléments des FARDC qui limiteraient leurs mouvements en les assimilant aux miliciens de la CRP.
Le député provincial Faustin Byarwanga a appelé l’armée à ne pas considérer les civils comme des ennemis, mais à renouer le dialogue pour faire renaître une « relation civilo-militaire qui est en souffrance ».
De son côté, le général David Antoine Mushimba, commandant de la 32ᵉ région militaire, a déclaré avoir pris acte de ces préoccupations et promis d’y répondre rapidement pour apaiser la situation






