« Le « séisme » Joseph Kabila et la fin de l’ambiguïté diplomatique ». C’est le titre qui barre la une de presque tous les tabloïds et médias en ligne ce lundi matin. Les États-Unis ont placé l’ancien président Joseph Kabila sur la liste des sanctions économiques, en raison de son soutien présumé au M23.
AfricaNews : Sanctions américaines contre l’ancien Chef de l’État Joseph Kabila : Washington veut stopper l’hémorragie dans l’Est de la RD-Congo
Les États-Unis d’Amérique ont annoncé le 30 avril dernier des sanctions financières à la rencontre de l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila Kabang.
Le confrère note : « Dans un document officiel rendu public par Thomas Pigott, porte-parole du Département d’État, les autorités américaines accusent Joseph Kabila de chercher à déstabiliser le gouvernement de la RBC en soutenant les rebelles de l’AECM23, qui occupent depuis plus d’une année déjà les villes de Goma-Bukavu dans l’est du pays ».
Concrètement, ces sanctions impliquent le gel de tous les avoirs et intérêts patrimoniaux de l’ancien chef de l’État, qui se trouverait aux États-Unis et sous le contrôle de ressortissants américains.
Les sanctions impliquant des entités détenues à plus de 50 % par l’intéressé, sont également strictement interdites.
L’AECM23 est un groupe armé soutenu par le Rwanda, opérant dans l’est de la République démocratique du Congo, et l’AECM23 agit comme sa coalition politico-administrative cherchant à renverser le gouvernement de la RDC a indiqué ce communiqué.
Ces décisions américaines s’inscrivent dans le cadre d’un calendrier déjà marqué par des développements judiciaires et politiques majeurs.
En septembre 2025, la justice militaire congolaise avait condamné l’ancien président Kabila à la peine de mort par contumance pour complicité avec la rébellion de l’AECM23. Et au mois de mars 2026, les États-Unis avaient ciblé les forces de défense rwandaises RDC et quatre de leurs officiers supérieurs pour leur soutien opérationnel direct aux rebelles.
Info27 parle d’une « fin d’ambiguïté ». Pour le quotidien, ce geste de Washington est une reconnaissance de la stratégie diplomatique de Félix Tshisekedi. Kinshassa n’est plus seule, et ce qui relève du soupçon devient un « constat international ».
Congo Nouveau se montre toutefois plus nuancé, titrant : « Washington prêche dans le désert ». Le tri-hebdomadaire analyse les limites de ces sanctions : les avoirs de l’ancien président sont difficiles à saisir car souvent logés dans des circuits offshores ou des juridictions opaques en Asie et au Moyen-Orient. Le journal rappelle le « précédent Corneille Nangaa », dont les sanctions n’ont fait que nourrir le discours de radicalisation.
Sur le terrain politique, renchérit Le Potentiel, la réaction ne s’est pas fait attendre. L’UDPS annonce déjà une marche de soutien à ces sanctions, tandis que des mouvements comme la Lucha dénoncent des mesures qualifiées de « coloniales et arbitraires ».






