Il y a des jours où l’émotion est trop grande que même les professionnels respectés ne peuvent la contenir. Pourtant, une émotion négative non maîtrisée conduit à des actes et des paroles qui peuvent se retourner contre leur auteur.
Jeudi 30 avril 2026, à Lubumbashi, alors que le FC Saint-Éloi sortait d’un match nul contre les Aigles du Congo, Guy Bukasa a perdu un peu de son sang froid et son charisme qu’on lui reconnaît.
Le coach des Cheminots de Lupopo était en roue libre, entre dénonciation et accusation, ses mots sont durs, ses paroles mal dosées. Sous l’effet d’une émotion que les hommes peuvent justifier, mais que le temps ne peut oublier.
Contexte
Sur le terrain, l’équipe de Lupopo, hôte des Champions en titre, avait à cœur de bien lancer sa campagne en playoffs ayant conscience de combien chaque point est précieux dans cette phase. Mais les locaux vont vite déchanter puisque les Kinois ouvrent le score dès la 15eme minute.
Ce but sur un penalty jugé « ultra-discutable » par Guy Bukasa, donne des ailes aux Aigles pour voler au-dessus des Lumpas mais pas pour longtemps. La réaction des coéquipiers de Mika Michée ne se fait pas attendre. Sur une belle action collective conclue avec manière par Carel Twite, Lupopo revient dans ce duel de prestige et se donne les moyens de croire en une victoire.
Les hommes de Guy Bukasa font leur match; occasions en nombre, une domination sans concession et une ambition assumée de prendre les 3 points du jour. Cela n’a pourtant pas suffi pour faire trembler le filet des Aigles une seconde fois. Score final 1-1, la frustration est palpable, la déception évidente.
Une honte, une catastrophe !
Au coup de sifflet final, Guy Bukasa y va sans gants pour décrier et censurer les responsables du championnat. « On ne peut pas mettre dans un match aussi important que celui-là des arbitres qui viennent de la même zone que l’adversaire… C’est honteux et une catastrophe pour notre championnat », s’enflamme-t-il. À un moment il faut se dire la vérité, poursuit-il. Mais il ne s’arrête pas là ; « On doit être sérieux parce qu’on ne l’est pas du tout » interpelle l’ancien sélectionneur des Léopards U20.
Déclaration de chaos, craquage d’un coach respecté
Guy Bukasa a refusé de « blâmer ses joueurs », eux qui ont pourtant eu plus de 80 minutes pour marquer un but de plus que leur adversaire. Le fautif, le grand coupable c’est « l’ARBITRE ».
Le technicien congolais va même lâcher même une déclaration choc, presqu’inhabituelle, et qui fait réagir les footeux. « S’il y avait eu désordre aujourd’hui, l’organisateur du championnat serait le responsable ». Là, on comprend clairement que l’émotion a eu raison du professionnel Guy Bukasa.
Une incitation à la violence
Le genre de réaction qui prépare implicitement les supporters à semer les troubles dans les stade en contestation des décisions arbitrales. Il y a aussi dans sa déclaration, une posture de victimisation qui interroge. « On a pris un but sur un penalty ultra-discutable. On a réagi, on a dominé le match mais l’arbitre nous a empêchés de passer devant » affirme le coach de Lupopo.
Trop beau pour être vrai !
Les journalistes en face de lui ne sont pas du tout convaincus par ses propos. À quel moment, l’arbitre empêche Lupopo de marquer un deuxième but ? Notre reporter présent au stade, au bord de la pelouse, dit ne pas reconnaître une seule action franche de but annulée ou un possible penalty refusé à Lupopo par l’arbitre. Il y a eu des décisions arbitrales évidemment discutables, mais pas si flagrantes pour crier au complot.
La vérité que le jeune technicien de Lupopo se garde de dire c’est que son équipe n’a pas été efficace pour inscrire ce deuxième but. Un manque de réussite déjà remarqué sur les dernières sorties des Cheminots en phase classique. Au lieu d’une autocritique sérieuse, il fait le lit de la contestation aux conséquences potentiellement dangereuses. Des propos pouvant être sanctionnés, à la rigueur, si les responsable du championnat décident de s’y pencher.
Isaac BAMPENDE






