À Bunia, province de l’Ituri, des acteurs de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme dénoncent la commercialisation de désinfectants pour mains périmés ou frelatés. Ces produits, censés protéger la population contre l’épidémie d’Ebola, sont vendus dans plusieurs boutiques, officines pharmaceutiques et par des vendeurs ambulants.
Dans les artères de Bunia, l’offre en produits de prévention contre la maladie à virus Ebola est abondante. Cependant, la qualité de ces désinfectants est aujourd’hui pointue du doigt. Plusieurs témoignages font état de gels hydroalcooliques non seulement périmés, mais parfois coupés à l’eau.
Une habitante de Bunia exprime sa déception après avoir été trompée :
« Hier encore, j’ai acheté un désinfectant périmé. Je n’ai pas pensé à vérifier la date de péremption parce que nous faisons confiance aux pharmacies où nous achetons ces produits. Vraiment, nous sommes déçus ».
Une « mafia » et un « sabotage sanitaire »
Face à ce qu’ils qualifient de « mafia », les militants des droits de l’homme augmentent le ton. Selon eux, des commerçants véreux vont jusqu’à fabriquer de fausses étiquettes avec des dates de fabrication et de péremption falsifiées pour dissimuler la non-conformité des produits et maximiser leurs profits.
Maitre Eddy Makindu, acteur de la société civile locale, ne cache pas son indignation :
« Coller de nouvelles étiquettes avec de fausses dates de péremption… Je trouve personnellement que c’est un sabotage sanitaire ».
La société civile appelle d’urgence les services spécialisés de l’État à mener des enquêtes pour identifier et saisir immédiatement ces stocks illicites afin de protéger la population.
Risque accumulé de propagation de l’épidémie
Interrogés sur la question, les experts en santé publique avertissent qu’un gel désinfectant périmé perd son efficacité microbiologique. L’utiliser donne un faux sentiment de sécurité et peut, au contraire, faciliter la propagation du virus Ebola dans la communauté.
Saisie de ce dossier, la division provinciale de l’Économie en Ituri a réagi. Son chef a promis le déploiement rapide d’inspecteurs sur le terrain afin de contrôler les circuits de vente, de traquer les contrevenants et de mettre définitivement fin à cette pratique.






