L’ONG Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits Humains (ACEDH) tire la sonnette d’alarme face aux répressions et attaques contre les défenseurs fonciers et climatiques dans plusieurs provinces de la RDC. Dans un rapport publié mardi 23 juin à Beni, cette organisation affirme avoir recensé au moins 31 cas de violations graves enregistrées dans la période du 1er août 2025 au 31 mars 2026, dans cinq provinces de la RDC.
Selon l’ACEDH, les violations commises contre les défenseurs des droits humains dans le secteur foncier et climatique sont l’œuvre des groupes armés notamment des combattants de la rébellion de l’AFC/M23 dans l’Est de la RDC, ainsi que des militaires dans les zones sous contrôle gouvernemental.
Parmi les faits documentés, le rapport révèle :
Au moins six défenseurs assassinés ; Saisir les cas de poursuites judiciaires visant à les intimider ou à les réduire au silence ; Deux éco-gardes enlevées en plein travail.
Ces actes ont été commis dans les provinces du Haut-Uélé, Maniema, Tshopo, Équateur et Nord-Kivu.
Selon le rapport, plusieurs attaques attribuées à des hommes armés ont provoqué la perte de plusieurs écogardes en poste dans les parcs nationaux d’Upemba, de Kahuzi-Biega et dans la Réserve de faune à okapis.
Une situation sécuritaire instable
Selon Olivier Ndoole, secrétaire exécutif de l’ACEDH, la dégradation de la sécurité des activistes défenseurs de l’environnement dans ces provinces est provoquée par l’activisme des groupes armés notamment dans la partie Est du pays et l’impunité des commanditaires de ces attaques.
Pour lui, ces différentes violations sont paradoxales à la présentation de la RDC comme un « pays solution » face à la crise climatique. Il renseigne que dans ces zones, la sécurité des défenseurs de l’environnement demeure encore très fragile.
”Les provinces caractérisées par une forte activité minière, une importante couverture forestière ainsi que la présence de parcs nationaux sont particulièrement exposées à ces graves violations, lesquelles se déroulent souvent dans une impunité généralisée”, déplore-t-il.
Face à cette situation, l’ONG propose des recommandations visant des réformes institutionnelles et juridiques. Elle suggère ainsi notamment :
l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur les assassinats et arrestations arbitraires de militants s’opposant aux multinationales ou entités économiques des secteurs minier et forestier; la révision de la loi relative à la protection des défenseurs des droits de l’homme ; le lancement d’une campagne nationale contre les poursuites judiciaires visant des activistes par des multinationales (SLAPP).
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