Les derniers résultats de l’Examen d’État ont été publiés vendredi soir 10 juillet par le ministère de l’Éducation nationale pour plusieurs provinces éducatives du pays, notamment le Nord-Kivu 1, le Nord-Kivu 3, l’Ituri 3, le Sud-Kivu 1, 2 et 3, l’Équateur 2, le Sud-Oubangi 2, le Sankuru 1 ainsi que les centres hors frontières.
À Goma, cette proclamation tant attendue a suscité un immense soulagement chez les finalistes, après plus de dix jours d’attente supplémentaires par rapport à d’autres provinces dont les résultats avaient déjà été rendus publics. Une attente marquée par l’incertitude et l’anxiété pour des milliers de candidats et leurs familles.
Contrairement aux années précédentes, l’ambiance était cependant relativement sobre dans la capitale provinciale du Nord-Kivu. En raison du contexte sécuritaire, de nombreux lauréats ont préféré célébrer leur réussite dans le cadre familial plutôt que dans les rues de la ville.
« J’ai eu mon diplôme et je suis vraiment très contente. Je rends grâce à Dieu pour ça. On a fêté à la maison parce qu’on ne pouvait pas sortir. C’était un peu frustrant, mais malgré tout, nous avons bien célébré », témoigne une lauréate rencontrée à Goma.
Si l’obtention du diplôme marque une étape importante, elle ouvre également la voie à de nouveaux interrogatoires. Plusieurs diplômés expriment leur préoccupation quant à leur avenir dans un environnement marqué par l’insécurité persistante.
Pour ce jeune finaliste, les conditions actuelles limitent certaines ambitions académiques et professionnelles.
« En ayant mon diplôme, je réalise que dans cet environnement de guerre, nous ne sommes pas dans une situation optimale pour envisager notre futur. Moi, par exemple, j’aimerais faire des études d’agronomie. Mais cette filière nécessite des espaces de culture souvent situés à l’intérieur de la province. Or, dans plusieurs zones, l’insécurité est toujours présente. Cela nous empêche de réaliser beaucoup de projets », explique-t-elle.
Comme de nombreux jeunes de la région, elle estime que la paix constitue aujourd’hui la condition essentielle pour permettre aux diplômés de construire leur avenir et de contribuer au développement de leur province.
« Nous aimerions vraiment que la paix s’installe. Beaucoup souhaitent rester ici, mais ont l’impression que les opportunités sont compromises par la situation sécuritaire. Rien n’est vraiment stable et nous ne savons pas toujours ce qui nous attend », ajoute-t-elle.
Pour ces nouveaux diplômés, la réussite à l’Examen d’État représente certes une victoire personnelle, mais elle s’accompagne d’un appel à un retour durable de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Une paix qu’ils considèrent comme indispensable pour poursuivre leurs études, accéder à l’emploi et concrétiser leurs rêves dans leur propre région.
C’est avec ces derniers résultats, intervenus 13 jours après le début du processus de publication, que se clôt la 59ᵉ session (2025-2026) de l’Examen d’État. Elle a été marquée par des majeures avancées : la publication des résultats seulement 48 heures après la passation des épreuves et la décentralisation de la correction des éléments dans certaines provinces. Des avancées possibles grâce à la numérisation et à l’utilisation de l’intelligence artificielle.





