De nombreux caniveaux sont transformés en véritables dépotoirs publics dans la commune de Ngaliema (Kinshasa), a constaté un reporter de Radio Okapi mardi 7 juillet 2026. Cette situation compromet non seulement l’évacuation des eaux de pluie, mais expose également les populations à des risques sanitaires et à de fréquentes inondations durant la saison pluvieuse.
Bouteilles plastiques, sachets, cartons, restes alimentaires et autres déchets ménagers s’accumulent dans les caniveaux de plusieurs quartiers de Ngaliema. Conséquence : l’écoulement normal des eaux est entravé, les mauvaises odeurs se propagent et le risque d’inondations augmente dans la perspective de la prochaine saison des pluies.
Face à cette situation préoccupante, de nombreux habitants dénoncent le comportement incivique de certains citoyens qui continuent de déverser leurs déchets dans ces ouvrages d’évacuation malgré les campagnes de sensibilisation menées par les autorités. Ils appellent à une prise de conscience collective et à un engagement plus ferme des pouvoirs publics pour préserver l’environnement et protéger les populations.
« Là où nous vivons, l’environnement doit être propre. Les habitants ont leur part de responsabilité, mais l’État congolais doit également prendre sa responsabilité face à cette situation. Le niveau des déchets dans ce caniveau est déjà très élevé. À la moindre pluie, nous risquons de subir des inondations à cause de son obstruction », déclare un habitant.
Selon lui, « certaines personnes vont même jusqu’à y faire leurs besoins. Nous exigeons aux autorités d’intervenir rapidement, car nous souffrons énormément ».
Pour les autorités locales, le dépôt anarchique des déchets dans les caniveaux figure parmi les principales causes de leur obstruction. Elles rappellent que l’assainissement du milieu de vie est une responsabilité partagée entre les citoyens et les services publics.
Francis Kambala, agent de la brigade d’assainissement de la commune de Ngaliema, insiste sur la nécessité pour chaque habitant d’adopter des comportements respectueux de l’environnement afin de prévenir les conséquences de l’insalubrité :
« La protection de l’environnement est la responsabilité de chacun. En assainissant votre cadre de vie, vous vous protégez d’abord vous-même ainsi que votre famille. Le message que nous lançons aux Kinois et aux Kinoises est de respecter les règles d’assainissement, indispensables pour vivre dans un environnement sain. Dans le cas contraire, vous vous exposez à la rigueur de la loi. Il n’est désormais plus question d’amendements. Comme l’a indiqué le général Kasongo du Service national, il est désormais question de Fimbo (NDLR : usage de la chicotte contre les contrevenants ».
Alors que l’insalubrité continue d’affecter plusieurs quartiers de la capitale, les habitants espèrent un renforcement des opérations de curage des caniveaux, une surveillance accrue des espaces publics et l’application efficace des mesures prévues contre les contrevenants. Pour beaucoup, seule une action concertée entre citoyens et autorités permettra de relever durablement le défi de la salubrité urbaine à Kinshasa.



