La tension est montée d’un crâne dans le territoire de Mambasa (Ituri), lors de violentes échauffourées survenues dans la nuit de lundi à mardi 30 juin au centre de traitement d’Ebola de Bafwabango, situé dans la zone de santé de Nia-Nia. A la suite de ces violences, deux personnes ont perdu la vie. Profitant du chaos, plusieurs patients, dont deux cas confirmés positifs à Ebola et sept cas suspects, se sont évadés de la structure sanitaire, faisant planer une lourde menace de propagation du virus.
Les troubles ont débuté lundi après-midi lorsque des manifestants, majoritairement constitués de jeunes en colère, ont pris d’assaut le centre de traitement d’Ebola installé temporairement au sein du centre de santé Juhudi, à Nia-Nia. Selon des sources locales, la foule protestait vigoureusement contre le décès d’un habitant qui était pris en charge pour Ebola dans cet établissement.
Le bilan humain et matériel de ces violences est particulièrement lourd :
Un policier lynché à mort par la foule alors qu’il tentait de rétablir l’ordre public ; Un civil tué par balle après avoir succombé à ses blessures au cours des affrontements ; Des infrastructures incendiées et vandalisées, touchant notamment des bâtiments construits dans le cadre du programme gouvernemental de développement des 145 territoires.
L’alerte des autorités face aux fausses rumeurs
Condamnant fermement ces actes de vandalisme, le chef du groupement de Ngayo, Alexis Mungaki, a tapé du poing sur la table pour dénoncer la désinformation qui circule dans la région :
« Ebola n’est pas une affaire d’argent, c’est une maladie réelle. Ebola est une maladie qui tue la population mais les gens cherchent à véhiculer de fausses informations sur Ebola. Ce n’est pas bien ».
Neuf patients dans la nature : le corps médical redoute le pire
Au-delà des dégâts matériels, l’inquiétude majeure des autorités sanitaires reste épidémiologique. Le médecin-chef de la zone de santé de Nia-Nia a confirmé que deux malades potentiellement testés positifs à Ebola ainsi que sept autres cas suspects ont profité de la panique générale pour s’enfuir dans la nature.
Les équipes de riposte redoutent désormais un risque de contamination de masse au sein de la communauté. Pour rappel, l’épidémie de maladie à virus Ebola a été déclarée dans cette zone de santé de Nia-Nia le 12 juin dernier, et ces violences présagent un coup d’arrêt brutal aux efforts de stabilisation sanitaire.




