Les sites de déplacés de l’ISP et de Kigonze, situés à Bunia (Ituri), font face à un manque criant de mécanismes de protection contre l’épidémie d’Ebola. Plus de 30 000 personnes vivent dans une précarité extrême, recourant à des méthodes de fortune pour tenter de se prémunir du virus.
Dans ces camps de sinistres, les produits d’hygiène de base sont quasi inexistants. Les déplacés ne disposent ni de masques, ni des désinfectants, et encore moins de dispositifs adéquats pour le lavage des mains.
Pour tenter de se protéger, certains utilisent des morceaux de tissu ou des pagnes mal entretenus. D’autres, confrontés à une pénurie d’eau potable et à l’absence de savon, utilisent de la cendre pour se laver les mains.
« Nous n’avons pas de cache-nez, ni de désinfections. Nous utilisons des cendres pour nous protéger contre ce virus », alerte Étienne Ngutsi, président du site de Kigonze, qui appelle le gouvernement et les humanitaires à fournir d’urgence du matériel de protection.
La persistance des comportements à risque
Au-delà du dénuement matériel, les responsables des sites s’inquiètent de la manipulation de corps de personnes décédées, une pratique hautement propice à la contamination par le virus Ebola.
Deux décès récents gérés sans précaution particulière par les membres de la communauté, illustrent cette promiscuité et ces risques :
La dépouille d’un jeune homme a été rapatriée de la localité d’Iga Barrière vers le site de Kigonze ; Un autre déplacé, âgé de 39 ans, est décédé directement sur le site de l’ISP dans la nuit de dimanche à lundi.
Urgence d’intensifier la sensibilisation
Face à ces pratiques, les dirigeants communautaires insistent sur la nécessité absolue de renforcer les campagnes d’information. Selon Gérard Maki, vice-président du site de l’ISP, l’ignorance des mesures barrières par une partie des sinistres accentue le danger.
La province de l’Ituri compte plus d’un million de déplacements internes fuyant les conflits armés, une population très vulnérable face à cette urgence sanitaire qui a déjà fait au moins 118 décès.






