Face à la propagation de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo déclarée dans l’est de la République démocratique du Congo, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a appelé, lundi 18 mai, ses États membres à renforcer d’urgence leur préparation. Cette décision intervient après la confirmation de cas en Ouganda.
Dans un communiqué publié depuis son siège à Arusha, en Tanzanie, l’organisation régionale a exhorté les pays membres à intensifier la surveillance épidémiologique et à renforcer la coordination transfrontalière.
L’urgence est d’autant plus grande que l’Ouganda voisin a déjà enregistré deux cas confirmés liés à des voyageurs en provenance de la RDC, dont un décès survenu à Kampala, la capitale ougandaise.
Centré dans la province de l’Ituri (nord-est de la RDC), le foyer de l’épidémie se situe à proximité immédiate des frontières avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. Officiellement déclarée le 15 mai par les autorités congolaises, cette flambée représente la 17ᵉ épidémie enregistrée dans le pays depuis la découverte du virus en 1976.
Dépistage renforcé et activation des laboratoires
Pour contenir les risques de propagation à l’échelle régionale, l’EAC a activé son réseau régional de laboratoires de référence. L’organisation demande instamment aux États membres de :
Activer leurs plans nationaux et transfrontaliers de préparation d’urgence ; Intensifier le dépistage obligatoire et le contrôle sanitaire aux différents points d’entrée ; Equiper adéquatement les équipes sanitaires mobiles et de réponse rapide sur le terrain.
Une souche complexe sans vaccin disponible
Les experts de la santé rappellent que cette épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo. Moins fréquente que la souche Zaïre, la souche Bundibugyo présente un défi médical majeur : elle ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni de traitement spécifiquement approuvé, ce qui rend les mesures de prévention et de surveillance transfrontalière encore plus cruciales.
Cependant, en l’absence de vaccin ou de traitement spécifique, le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de la recherche biomédicale rassure :
« Sur les 17 épidémies qui ont sévi en RDC, 15 ont été maîtrisées sans vaccin ni traitement ».
La souche Bundibugyo présente une mortalité d’environ 30 %, contre plus de 80 % pour la souche Zaïre. Des candidats vaccins sont attendus d’ici fin mai, at-il ajouté.






