Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a été auditionné ce jeudi 14 mai au Sénat. Répondant à une question orale avec débat du sénateur Célestin Vunabandi, il s’est expliqué sur les retards de rétrocession aux provinces et la gestion des biens issus de la zaïrianisation.
Ce terme désigne la politique économique lancée en 1973 en République du Zaïre (actuelle RDC) sous le régime de feu Mobutu Sese Seko.
Cette pratique consistait principalement à nationaliser et transférer aux citoyens zaïrois des entreprises, commerces, plantations et biens.
La sécurité, priorité budgétaire face à la rétrocession
Le sénateur Célestin Vunabandi (élu du Nord-Kivu) a déclaré les irrégularités persistantes dans le transfert des recettes nationales dues aux provinces. En réponse, le ministre Doudou Fwamba a obtenu les contraintes liées au contexte sécuritaire du pays.
Selon le ministre, entre 30 et 37 % des ressources publiques sont actuellement absorbées par les dépenses militaires. Il a toutefois assuré que le gouvernement s’efforce de résorber progressivement les arriérés de paiement, notamment ceux des députés provinciaux.
Relance de la Caisse nationale de péréquation
L’autre point des débats concerne l’article 181 de la Constitution relative à la Caisse nationale de péréquation. Vingt ans après sa création, cette structure peine toujours à réduire les inégalités entre les provinces. Pour y remédier, le ministre a annoncé :
Une enveloppe de 20 millions de dollars américains pour accompagner son opérationnalisation ; L’organisation prochaine d’un atelier stratégique avec l’appui du Comité d’Orientation de la Réforme des Finances publiques, COREF.
Inventaire des biens zaïrianisés
Le sénateur Vunabandi a également alerté sur l’abandon de nombreuses plantations et usines héritées de la zaïrianisation, aujourd’hui sources de conflits fonciers. Doudou Fwamba a indiqué qu’un inventaire général est en cours dans les provinces pour identifier et valoriser ce patrimoine de l’État.
Le ministre des Finances dispose d’un délai de 48 heures pour fournir à la assemblée des réponses complémentaires et détaillées sur l’ensemble de ces préoccupations.






