Imaginez la scène : vous venez de traverser le deuil le plus atroce, vous avez versé toutes les larmes de votre corps et porté en terre celui que vous aimiez. Le lendemain, alors que vous préparez les derniers rituels… il franchit la porte de la maison, frais et dispos.
C’est le scénario digne d’un thriller hollywoodien que vient de vivre la famille de Godwin Baguma, dans la région de Masindi en Ouganda.
Une disparition, un cadavre et une terrible méprise
Tout commence par une disparition inquiétante. Godwin, un homme souffrant de troubles mentaux, s’évapore dans la nature. Des semaines de recherches infructueuses plongent ses proches dans l’angoisse.
Puis, le choc : la police découvre un corps en décomposition avancée dans un champ de canne à sucre. À la morgue, malgré l’état de la dépouille, les frères de Godwin croient reconnaître leur frère.
> « On nous avait dit que le corps était en très mauvais état. Mes fils l’ont identifié, nous leur avons fait confiance », confie Yakobo Kamuturaki, le père, encore sous le choc.
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L’enterrement… puis le miracle (ou le malaise)
Le dimanche, l’émotion est à son comble. Le village entier se réunit pour inhumer celui qu’ils pensent être Godwin. Mais le lundi, alors que l’odeur de l’encens des funérailles flotte encore dans l’air, une rumeur folle parcourt les ruelles de Kijura :
« Godwin est vivant. Il dort chez un ami dans le village voisin ! »
Sa sœur, Jane Birungi, court sur place, le cœur battant à tout rompre. Elle tombe nez à nez avec son frère, tranquillement endormi à Kihanguzi. Ce n’était pas un fantôme, mais bien Godwin, en chair et en os, ignorant tout du drame qui se jouait en son nom.
Un deuil à l’envers
Le soulagement a rapidement laissé place à une situation surréaliste. Il a fallu faire marche arrière :
Arrêter les cérémonies de deuil en cours.
Exhumer le corps enterré par erreur.
Lancer une enquête policière pour découvrir qui est l’inconnu qui repose désormais (à nouveau) à la morgue.
« C’était comme dans un film ! Les gens étaient terrifiés », raconte une voisine.
Le conseil de la police locale : Face à un corps décomposé, la prudence est de mise. L’identification visuelle a ses limites, et cette famille ougandaise vient d’en apprendre la leçon de la manière la plus spectaculaire qui soit.
Aujourd’hui, Godwin est de retour, et son « tombeau » est vide. Une histoire que le village de Masindi n’est pas près d’oublier !
Avec BBC






