À l’occasion de la Journée internationale de la biologie technique, les biologistes médicaux et techniciens de la province du Maniema ont alerté sur l’absence d’un laboratoire de référence dans leur entité. Selon ces professionnels de santé, cette carence fragilise les diagnostics médicaux et augmente le taux de mortalité évitable dans la province.
Lors d’une cérémonie d’échanges et de prestation de serment organisée le week-end dernier à Kindu, le président de la corporation des laborantins a rappelé que plus de 70 % des décisions médicales reposent sur les résultats biologiques. Sans diagnostic fiable, les traitements deviennent empiriques, entraînant une augmentation des dépenses de santé pour les ménages.
Une dépendance coûteuse envers les autres provinces
Actuellement, le Maniema dépend d’autres provinces pour les analyses complexes liées aux maladies émergentes comme Ebola, la COVID-19 ou la tuberculose résistante. Cette situation entraîne des retards de prise en charge et des coûts supplémentaires.
« Le laboratoire est un outil stratégique de sécurité sanitaire et économique. Un diagnostic précoce peut réduire de 30 à 50 % le coût de prise en charge », a affirmé Amisi Masudi Maurice, président de la structure.
Appel à l’investissement public
Face à ce constat préoccupant, les biologistes médicaux proposent des actions concrètes aux décideurs :
La construction immédiate d’un laboratoire provincial de référence à Kindu. L’équipement des laboratoires au sein des hôpitaux généraux de référence. Le renforcement des capacités du personnel technique. L’approvisionnement régulier en réactifs essentiels pour éviter les ruptures de service.
Pour ces experts, investir dans la biologie médicale est une priorité pour sauver des vies et protéger l’économie de la province contre les épidémies non détectées à temps.



