Le poste frontalier de Kasindi-Lubirigha, porte d’entrée pour les marchandises dans la région de Beni, a été en proie à une paralysie quasi totale ce jeudi 30 avril. Les déclarés en douane ont renforcé leur mouvement de grève pour protester contre l’introduction de trois nouvelles taxes dans le système de déclaration SYDONIA, provoquant déjà une hausse des prix sur les marchés locaux.
Une longue file de camions-citernes est actuellement immobilisée du côté congolais de la frontière. Les grévistes contestent trois prélèvements supplémentaires instaurés depuis le mois dernier :
La taxe pour la promotion de la santé La taxe de contrôle des produits toxiques La taxe sur le prix moyen frontalier appliqué aux produits pétroliers.
Une “lutte communautaire” pour le pouvoir d’achat
L’Association congolaise des commissionnaires agréés en douane (ACCAD) justifie ce débrayage par la nécessité de protéger le panier de la ménagère, déjà fragilisé par le contexte sécuritaire.
« La lutte que nous menons est une lutte communautaire parce qu’elle vise l’intérêt de la population. Nous devons nous unir face à cette situation qui met à mal le quotidien de la population », a déclaré Eugène Kakule Matembela, président de l’ACCAD.
Flambée des prix à Beni et Lubero
Les conséquences de cette paralysie douanière sont immédiates et sévères pour les consommateurs. Outre les denrées de première nécessité et les matériaux de construction, le secteur de l’énergie est le plus durement touché.
À Beni, le litre d’essence, qui se négociait à 5 500 francs congolais il y a quelques jours, se vend désormais entre 6 500 et 7 000 francs congolais. Cette augmentation du prix des carburants entraîne mécaniquement une hausse des tarifs de transport dans le triangle Beni-Butembo-Lubero.





