Le succès de la riposte contre la nouvelle épidémie d’Ebola dans l’Est de la RDC dépendra d’abord de la confiance des populations locales, avant toute mesure de sécurisation militaire. C’est ce qu’a affirmé l’analyse de Papy Kasereka. Ce spécialiste des crises et des conflits dans la région redoute qu’une militarisation excessive de la crise sanitaire ne réveille la méfiance communautaire observée lors des vagues précédentes en Ituri et au Nord-Kivu.
La résurgence du virus, caractérisée par la souche Bundibugyo, intervient dans un climat sécuritaire déjà fortement dégradé. Pour Papy Kasereka, « l’erreur fatale des équipes sanitaires serait d’aborder le terrain sous le seul angle de la force face aux milices armées, en oubliant l’impératif de l’adhésion populaire ».
L’expert rappelle que le rejet des centres de traitement par le passé découlait directement d’une rupture de dialogue entre les humanitaires et la base.
Dans cette interview accordée à Martial Papy Mukeba, l’analyste préconise une intégration immédiate et sans intermédiaire des dirigeants communautaires et des structures de la société civile dans la gestion des fonds et des équipes de sensibilisation.
Cette approche est, selon lui, la seule arme efficace pour briser les chaînes de transmission de la maladie, en particulier dans les zones d’accès difficile ou sous contrôle de groupes armés où l’armée régulière ne peut garantir la sécurité des soignants.
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