Six détenus sont décédés en moins d’une semaine au cachot de Boko, situé dans le territoire de Mbanza-Ngungu, au Kongo-Central. Alors que les causes exactes de ces morts ne sont pas encore établies, les autorités sanitaires locales soupçonnent une possible épidémie de choléra dans un contexte marqué par une forte surpopulation carcérale, selon des informations livrées à Radio Okapi ce samedi 8 août.
Ces décès suscitent l’inquiétude parmi la population et relancent les préoccupations sur les conditions de détention dans ce cachot.
Les notables du secteur appellent les autorités provinciales et nationales à intervenir rapidement afin d’éviter de nouveaux décès et d’améliorer la prise en charge des personnes détenues.
Selon les informations recueillies sur place, le cachot de Boko compte trois cellules d’environ quinze mètres carrés chacune. Construites pour accueillir près de 70 personnes, elles hébergent actuellement environ 134 détenus, soit presque le double de leur capacité.
Pour les acteurs de la société civile, cette surpopulation favorise la propagation des maladies et expose les prisonniers à des conditions de vie dégradantes.
« Nous sommes allés avec le chef de secteur, mais quelle surpopulation ! (…) Il n’y a pas d’eau, pas de toilettes. Donc c’est inhumain ce qui se passe dans ce cachot », dénonce Victor Nzuzi Mbembe, membre de la société civile de Boko.
Il estime également que la présence de nombreux militaires parmi les détenus contribue à l’engorgement des cellules et plaide pour leur transfert vers des structures pénitentiaires adaptées.
Une suspicion de choléra
Face à cette situation, le médecin-chef de la zone de santé de Boko-Kivulu a dépêché une équipe médicale pour évaluer les conditions sanitaires et déterminer l’origine des décès.
Selon le docteur Mbombolo Kangi Obéis, les premiers constats orientent les investigations vers une éventuelle contamination au choléra, une maladie déjà présente dans la zone de santé.
« Nous avons davantage suspecté un cas de choléra dans ce cachot, étant donné que notre zone de santé est déjà en épidémie de choléra », explique-t-il.
En réponse à cette alerte, les détenus ont reçu une chimioprophylaxie à la doxycycline. Les autorités sanitaires ont également annoncé la désinfection des locaux ainsi que l’aménagement d’un espace destiné à la prise en charge d’éventuels cas.
Alors que les analyses se poursuivent pour confirmer les causes des décès, les familles et les acteurs locaux réclament des mesures urgentes pour réduire la surpopulation, améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement, et prévenir la propagation de maladies dans le cachot de Boko.


