Les opposants Moïse Katumbi et Martin Fayulu contestent la décision du Gouvernement de suspendre temporairement les activités académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu, sous occupation des rebelles de l’AFC/M23 depuis plus d’un ans. Ils estiment que cette mesure pénalise particulièrement les étudiants et pourrait accentuer les divisions dans le pays.
Katumbi dénonce une mesure qui pénalise la jeunesse
Dans une déclaration sur son compte X jeudi 27 août, Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour la République, juge la suspension des activités académiques
« injuste » pour les étudiants, les enseignants et le personnel administratif.
Il estime que la priorité devrait être de mettre fin à la guerre dans l’Est, plutôt que de suspendre les activités universitaires. « Punir injustement les étudiants, le corps professoral et administratif n’est pas une solution », affirme-t-il.
L’opposant appelle les autorités à garantir la continuité de l’enseignement sur l’ensemble du territoire national et à éviter que les étudiants ne deviennent, selon lui, des « otages de la guerre et des affrontements politiques ».
Fayulu demande le retrait de l’arrêté
Martin Fayulu, président de la coalition d’opposition Lamuka, s’oppose également à cette mesure. Sur son compte X jeudi 27 août, il demande au Gouvernement de « rapporter immédiatement» l’arrêté de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la recherche scientifique et de l’innovation.
Pour lui, cette décision revient à « abandonner » les populations de Goma et de Bukavu, notamment les étudiants, dans des zones contrôlées par l’AFC/M23. Il l’associe également à un risque de « balkanisation » de la RDC.
Une suspension justifiée par la situation sécuritaire
Dans un arrêté daté du 20 août, le Gouvernement a suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et par-académiques dans 11 établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu.
La mesure concerne l’année académique 2026-2027 et porte notamment sur les inscriptions, réinscriptions, enseignements, évaluations et délibérations. Le ministère invoque « la situation sécuritaire particulièrement préoccupante » dans les deux villes, ainsi que la nécessité de garantir la sécurité des étudiants et du personnel et la régularité des titres académiques délivrés.
Une exception est toutefois prévue pour les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026 dont le cursus n’a pas été achevé. Ils peuvent poursuivre leurs évaluations et les activités nécessaires à la finalisation de leur formation dans des établissements publics ou privés légalement établis en RDC.






