Un drame est arrivé mardi vers 11 heures à la Place Force, dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa. Un conducteur de moto-taxi a perdu la vie par électrocution à la suite d’une violente altercation avec quatre agents du service des transports urbains. Cet incident tragique a immédiatement provoqué une vague d’indignation et des troubles parmi les motocyclistes et les riverains. La police est intervenue et aurait fait usage d’armes à feu. Selon plusieurs témoins, une personne a été blessée par balle.
Selon les témoignages sur place, la victime transportait une cliente lorsque les agents du service des transports l’ont interceptée. Bien qu’il ait présenté l’ensemble de ses documents en règle, les contrôleurs lui auraient réclamé une somme d’argent sous la menace de confisquer sa moto.
Au cours de la dispute qui s’en est suivie, le motard aurait été poussé dans un caniveau traversé par un câble électrique dénudé. Le contact avec l’eau et le courant électrique aurait provoqué sa mort sur-le-champ.
La nouvelle de ce décès tragique a rapidement embrasé le quartier.
Des groupes de motocyclistes en colère ont pris pour cible un poste de police situé à proximité et saccagé plusieurs boutiques aux alentours du lieu du drame.
La police est intervenue pour rétablir l’ordre. Selon des témoins, des coups de feu ont été tirés, bénissant une femme atteinte par une balle perdue.
Appels à une meilleure régulation des contrôles
Excédés par ce qu’ils qualifient de tracasseries quotidiennes et de pratiques de rançonnement, les moto-taximen exigeant des réponses fermes de la part des autorités des urbaines.
L’un d’eux témoigne :
« Que l’Hôtel de ville et le ministre des Transports s’associent pour organiser des obsèques dignes pour notre camarade et indemniser sa famille. La victime travaille pour gagner sa vie à la sueur de son front. L’État ne nous soutient pas, alors que nous payons nos taxes et autres redevances ».
Au-delà de la responsabilité directe des agents mis en cause, ce drame remet en lumière deux problématiques récurrentes à Kinshasa : la présence de câbles électriques dénudés sur la voie publique et les abus parfois dénoncés lors des opérations de contrôle routier.





