La situation humanitaire se dégrade dans la province de l’Ituri, où plus de 100 000 personnes ont été contraintes de se déplacer en quelques mois. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 100 000 nouveaux déplacés ont été enregistrés entre février et le 30 avril 2026.
Face à la flambée de violences dans la zone de Bule, Médecins Sans Frontières (MSF) a prévenu, mardi 5 mai, que les besoins des civils dépassent désormais les capacités actuelles de réponse.
Des infrastructures de santé sous pression
La province de l’Ituri comptait déjà 1,1 million de déplacés internes en 2025, soit près de 18 % du total national. MSF note que les services de santé sont aujourd’hui à bout de souffle dans un contexte marqué par l’insécurité.
En 2025, plusieurs incidents ont directement visé le secteur médical :
- Huit structures de santé ont été attaquées, pillées ou bombardées ;
- MSF a dû réaliser plus de 163 000 consultations pour pallier les carences du système.
Urgence médicale à Plaine Savo
Depuis la mi-février 2026, MSF dit avoir déployé une équipe d’urgence dans la Plaine Savo et dans ses environs afin de répondre aux besoins vitaux. Les activités se concentrent sur les soins de santé primaires et la prise en charge des victimes de violences sexuelles.
À ce jour, près de 5 000 consultations ont été effectuées par les équipes mobiles. Toutefois, l’activisme des groupes armés a contraint de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) à suspendre leurs activités, accentuant la vulnérabilité de milliers de civils privés d’assistance.
Un appel à l’engagement politique
Pour certains acteurs humanitaires, l’Ituri ne doit plus être reléguée au second plan des priorités diplomatiques et politiques. L’absence d’un engagement des autorités nationales et internationales aggrave une crise qui aurait pu être évitée.




