Une session de formation technique de cinq jours dédiée aux magistrats et aux officiers de police judiciaire (OPJ) s’est clôturée vendredi 26 juin à Beni, au Nord-Kivu. Organisée par la section d’appui à la justice de la MONUSCO, cette initiative visait à renforcer les capacités des acteurs judiciaires en matière d’identification, d’extraction et de conservation des preuves électroniques.
Face à la montée de la criminalité impliquant les technologies numériques, notamment dans un contexte sécuritaire fragile, cette formation a permis aux participants d’acquérir des compétences essentielles pour exploiter des données issues de téléphones, d’ordinateurs et d’autres supports de stockage.
Le colonel magistrat Yoma Mukoko Appolinaire, substitut de l’auditeur supérieur militaire du Nord-Kivu, a salué l’importance de cette formation pour le travail judiciaire.
« Les cinq jours ont été tellement bénéfiques. Raison pour laquelle je tiens vraiment à remercier les organisateurs de cette formation vue sa pertinence. Et surtout, la formation a été axée sur comment faire l’autopsie des supports numériques pour chercher à identifier, à récolter, à extraire tous les moyens de preuve nécessaires à la manifestation de la vérité. Et aussi, l’importance de cette formation est que même une preuve qu’on a dénaturée, qu’on a déformée, on peut arriver à la reconstituer et l’extraire », at-il expliqué.
Un enjeu majeur dans un contexte d’insécurité
Dans une région marquée par une forte insécurité, les acteurs judiciaires sont confrontés à de nouveaux défis liés à l’évolution des modes opératoires des groupes armés. Le colonel magistrat a souligné que ces compétences sont devenues indispensables pour lutter efficacement contre la criminalité.
« Le travail que nous faisons essentiellement, c’est un travail pénal : nous faisons la répression des crimes et surtout des crimes graves, nous de la justice militaire. Dans cette région de la République où le taux de la criminalité est élevé et où nous assistons à beaucoup de scènes d’insécurité dues aux M23, ADF, des groupes armés et consorts… donc aujourd’hui, pour les ADF par exemple, ils utilisent la cybercriminalité, le blanchiment des capitaux et des moyens numériques. Alors, pour arriver à asseoir des preuves, il faut vraiment connaître toutes ces techniques d’analyses criminelles et d’analyses numériques », at-il ajouté.
Renforcer l’efficacité de la justice
À travers cette formation, la MONUSCO entend contribuer à améliorer l’efficacité du système judiciaire dans la documentation et la poursuite des crimes, notamment ceux impliquant des technologies numériques.
Dans un environnement où les preuves électroniques deviennent centrales dans les enquêtes, le renforcement des capacités des magistrats et des OPJ constitue un levier important pour la manifestation de la vérité et la lutte contre l’impunité dans l’est de la RDC.
Cette initiative s’inscrit ainsi dans les efforts continus visant à adapter la justice congolaise aux réalités contemporaines de la criminalité.





