La pollution sonore a largement dépassé le seuil du tolérable dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, où le calme est devenu un véritable luxe pour les habitants.
Depuis un temps, constate un reporter de Radio Okapi, des chants religieux, prières amplifiées et cris de pasteurs en pleine prédication résonnant à longueur de journée, parfois jusqu’à une heure avancée de la nuit dans plusieurs quartiers de la ville.
Entre les églises de réveil et les terrasses de débits de boissons, les plaintes des riverains se multiplient face à un phénomène jugé incontrôlé.
Le paysage urbain est de plus en plus saturé : dans certains quartiers, les églises de réveil se succèdent presque mur à mur ou sont projetées en diagonale, sans réel respect des normes de voisinage.
Pour les habitants, le quotidien s’est transformé en un calvaire acoustique, rendant le repos quasi impossible.
Les premières victimes de ce tapage sont les élèves et étudiants, qui affirment éprouver d’énormes difficultés à se concentrer ou à préparer leurs examens dans ce brouhaha permanent.
Face aux accusations, certains responsables religieux se défendent en invoquant la liberté de culte et la ferveur spirituelle, estimant que les activités religieuses ne devraient pas être restreintes.
De son côté, le bourgmestre de la commune de Makiso, Simon Lowawa, assure privilégier pour l’instant la sensibilisation et la pédagogie, avant d’envisager des mesures répressives.
En attendant que les promesses se traduisent en actes concrets, les tambours des églises et la musique des bars continuent de rythmer les nuits des Boyomais, au grand mécontentement d’une population à bout de nerfs.






