Certains habitants de la cité de Kongolo sont descendus dans la rue vendredi 24 avril pour protester contre la délocalisation du Centre d’adaptation et de production de semences améliorées (CAPSA) vers le territoire de Moba (Tanganyika). La raison évoquée de cette délocalisation est l’impraticabilité des routes à Kongolo. L’annonce aurait été faite par le ministre national de l’Agriculture à l’Assemblée nationale.
Une décision « incompréhensible et inacceptable »
Accompagnés par une fanfare, les manifestants ont sillonné quelques artères de la cité de Kongolo avant de terminer leur marche au bureau du territoire. Ils jugent la décision du ministre national de l’Agriculture « incompréhensible et inacceptable ».
Selon eux, Kongolo a besoin d’emplois et d’investissements, et déplacer ce centre revient à appauvrir le territoire.
Dans leur mémorandum, lu devant l’administrateur du territoire de Kongolo, les jeunes manifestants ont rappelé les nombreux atouts de leur entité.
Sharlant Katongola, président des jeunes conscients de Kongolo, a déclaré :
« Pour éviter que votre intention ne soit fondée sur des choses non vérifiables et ne marche à l’encontre de la vision du chef de l’État, nous exigeons votre descente sur terrain afin d’apprécier l’état des infrastructures existantes. Une délocalisation signifierait un gaspillage d’un patrimoine historique au profit d’un site inexistant à Moba. Kongolo est un grenier agricole depuis la nuit des temps, ayant accueilli des projets majeurs comme ESTAGRICO, le projet Nord Shaba et GENAGRO. Il a nourri plusieurs entités de la RDC, notamment le Grand Kasaï, le Grand Katanga et bien au-delà. »
Opérationnel depuis 1942
Selon les jeunes de Kongolo, le Centre d’adaptation et de production de semences améliorées a été installé sur leur territoire depuis 1942 par les autorités coloniales. Situé à une trentaine de kilomètres du centre de Kongolo, le site abrite plusieurs bâtisses, notamment l’Institut technique agricole et l’Institut supérieur agronomique.
Radio Okapi a tenté, sans succès, de joindre le ministre provincial de l’agriculture du Tanganyika.






