L’indignation est vive au sein de la société civile congolaise après l’incendie du siège du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti de l’ex-président Joseph Kabila, à Kinshasa. Cette structure citoyenne tire la sonnette d’alarme sur une « radicalisation dangereuse » du débat politique en République démocratique du Congo.
Les reporters de Radio Okapi, qui se sont rendus sur place mardi 5 mai, ont constaté que des traces de l’incendie sont visibles sur le bâtiment abritant ce siège, situé sur le boulevard Sendwe, dans la commune de Kalamu.
Selon des témoins, ce bureau, inactif depuis un certain temps, aurait été incendié par des manifestants en marge de la marche organisée lundi par l’UDPS, parti au pouvoir, en soutien aux sanctions américaines visant l’ancien président Joseph Kabila.
Cet épisode suscite de vives réactions. Pour le coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise, Jean-Claude Katende, de tels agissements constituent une menace pour la démocratie en RDC.
Dans le même sens, il condamne fermement cet acte de vandalisme et alerte sur ”une dérive inquiétante” vers la violence comme mode d’expression politique.
« Une attaque contre le pluralisme »
Dans une déclaration, il estime que l’incendie d’un siège de parti politique, quels qu’en soient les auteurs ou les motivations, « traduit une dérive dangereuse ».
« Brûler le siège d’un parti, c’est attaquer le pluralisme, intimider les acteurs politiques et porter atteinte à l’ordre démocratique », at-il déclaré, rappelant que la démocratie doit se construire par le débat contradictoire et non par la destruction, et qu’elle repose sur le respect des institutions et des libertés publiques.
Face à la gravité des faits, la Nouvelle Société civile congolaise exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin d’identifier les auteurs, les commanditaires et leurs complices. Elle appelle les autorités judiciaires à agir avec impartialité, sans considération d’appartenance politique.
La structure met également en garde contre toute banalisation de la violence, qui pourrait installer durablement un climat de tension et de chaos politique dans le pays.
Enfin, la Nouvelle société civile congolaise invite l’ensemble des acteurs politiques à privilégier les voies pacifiques et démocratiques pour exprimer leurs divergences, dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions.
À ce stade, aucune communication officielle des autorités n’a encore été enregistrée concernant cet incident.





