La saison sèche affecte durablement les habitants de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema. Sur les marchés de la ville, les légumes deviennent de plus en plus rares, entraînant une hausse spectaculaire des prix et compliquant davantage le quotidien de nombreuses familles, a constaté ce jeudi 9 juillet, le reporter de Radio Okapi.
Parmi les produits les plus touchés figure le sombé (feuilles de manioc), aliment de base dans de nombreux ménages. Alors qu’il y a quelques semaines encore, trois bottes se vendaient entre 1 000 et 1 500 francs congolais, elles coûtent désormais jusqu’à 5 000 francs.
Au marché de la RVA, les ménagères peinent à faire face à l’augmentation des prix des légumineuses. Jeanne Asakamba, mère de famille, témoigne de ses difficultés :
« J’achète trois colis de Sombé à 5 000 francs, incroyable mais vrai. Que Dieu nous vienne en aide, nous qui avons de grandes familles, comment allons-nous vivre ? ».
Selon les vendeurs, cette situation est directement liée aux effets de la sécheresse qui a détruit une grande partie des cultures dans les zones de production.
« Les sombés dans les champs ont séché. Il est difficile de trouver même un sac. Même nous, nous profitons très cher », explique un commerçant.
Les amarantes et d’autres variétés de légumes verts se font également de plus en plus rares sur les étals. Cette baisse de l’offre entraîne une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisés par la hausse du coût de la vie.
Des familles contraintes de changer leur alimentation
Pour de nombreux chefs de ménage, l’augmentation des prix devient difficilement supportable. Certains affirment ne plus être en mesure de garantir une alimentation équilibrée à leurs enfants.
« Pour nous qui vivons du taux du jour (au jour le jour), 10 000 francs suffisaient. Je suis maçon. Où vais-je trouver 20 000 ou 30 000 francs par jour ? C’est compliqué », déplore un habitant de Kindu.
Face à cette situation, plusieurs familles disent être contraintes de réduire leur consommation de légumes ou de les remplacer par des aliments moins coûteux. Une tendance qui suscite des inquiétudes quant à la qualité nutritionnelle des repas, particulièrement pour les enfants.
À Kindu, le plat traditionnel de fufu accompagné de sombé, longtemps considéré comme accessible à toutes les bourses, tend aujourd’hui à devenir un luxe pour de nombreux ménages confrontés aux effets de la saison sèche.




