Alors que leurs efforts permettent de briser le déni face à la 17e épidémie d’Ebola, les relais communautaires de Bunia travaillent désormais la peur au ventre. En première ligne dans l’aire de santé de Bigo et au site de déplacés de Kigonze, ces volontaires essuient quotidiennement les insultes, menaces et agressions physiques de la part d’habitants réfractaires. Une résistance communautaire violente qui menace directement l’efficacité de la surveillance épidémiologique en Ituri.
Dans l’aire de santé de Bigo, la stratégie repose sur un maillage serré : trois relais communautaires sont affectés à chaque avenue. Leur routine consiste à visiter les ménages pour vulgariser les mesures barrières, identifier les sujets fébriles et alerter la coordination de la riposte. Ce travail de fourmi commence à briser le mur du déni, comme l’explique Samuel Rehema, l’un des responsables de cette dynamique :
« Actuellement nous voyons que la population commence à comprendre que la maladie existe. Dans des avenues, il y a des gens qui ont même accepté pour se faire dépister volontairement ».
Cette approche participative a également été transposée avec succès au site de déplacés de Kigonze. Dans ce milieu vulnérable, la formation des relais communautaires est issue du milieu même des déplacés a permis de lever les barrières linguistiques et culturelles, entraînant une baisse significative de la mortalité communautaire liée au virus :
« Après qu’on a formé une équipe de relais communautaires au sein du site de Kigonze, eux-mêmes sont en train de sensibiliser les leurs dans les langues locales. Même les gens du site sont en train de nous appeler encore pour qu’on puisse venir les appuyer ».
Insuffisance d’effectifs et violences sur le terrain
Malgré ces signaux encourageants, l’efficacité de la surveillance épidémiologique est lourdement entravée par des contraintes logistiques et sécuritaires. Les volontaires signalent d’abord un déficit numérique criant pour couvrir l’ensemble des zones d’accès de la ville de Bunia.
Plus grave encore, la résistance communautaire se traduit par des actes de violence ouverts. Les équipes de terrain dénoncent de fréquentes vagues d’insultes, des menaces verbales et des agressions physiques orchestrées par des personnes réfractaires aux messages sanitaires. Les acteurs de la riposte rappellent que la sécurisation de ces agents communautaires reste indispensable pour éviter une résurgence non contrôlée des chaînes de transmission.






