A l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, célébrée dimanche 3 mai, les journalistes du Nord-Kivu appellent le Gouvernement congolais à un accompagnement accumulé, afin de leur permettre de travailler dans de meilleures conditions.
Selon la chargée de discipline de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC), section Nord‑Kivu, le soutien des autorités demeure essentielle pour motiver les journalistes, malgré les nombreuses contraintes auxquelles ils sont confrontés sur le terrain.
« C’est une journée qui nous pousse à la résilience et qui montre qu’au-delà de l’insécurité, il existe une lueur d’espoir pour la liberté de la presse. C’est aussi une occasion de lancer un message au gouvernement congolais pour qu’il garantisse cette liberté et permette aux journalistes de travailler librement, d’ouvrir les portes afin qu’ils puissent donner leurs points de vue sur ce qui ne fonctionne pas », a déclaré Valérie Mukosasenge.
Les journalistes souhaitent également que la communauté comprend que la presse constitue un partenaire indispensable du gouvernement dans le processus de gouvernance démocratique.
Pour Valérie Mukosasenge, les journalistes doivent jouer pleinement leur rôle de quatrième pouvoir, condition essentielle pour impulser des changements positifs dans la société.
La presse en difficulté à Lubero
Dans un contexte marqué par une insécurité persistante, entre pressions des services de sécurité et menaces émanant de groupes armés, les journalistes du territoire de Lubero exercent leur métier dans des conditions de plus en plus précaires.
Selon l’UNPC locale, les professionnels des médias font face à des menaces multiples, également bien dans les zones sous contrôle gouvernemental que dans celles occupées par des groupes rebelles.
« Les conditions de travail sont très difficiles. Dans les zones contrôlées par le gouvernement, nous enregistrons de plus en plus de cas d’interpellations et de menaces par les services de sécurité, notamment à la rencontre des journalistes venant des zones occupées par le M23, souvent soupçonnés d’y être retenus. De l’autre côté, dans les zones contrôlées par le M23, plusieurs journalistes ont carrément abandonné le métier, faute de sécurité. Dans le secteur de Bapere, avec l’activisme des ADF, des radios ont fermé et d’autres ont été incendiées », a déploré Jean Maliro, président de l’UNPC/Lubero.
Cette situation illustre les défis majeurs auxquels est confrontée la liberté de la presse dans le territoire de Lubero et, plus largement, au Nord‑Kivu.






