Une motion de censure visant le gouverneur du Sud-Kivu, Jean Jacques Purusi, a été déposée mardi 21 avril au bureau de l’assemblée provinciale. Le député provincial Jean Karume, initiateur de la motion, reproche au chef de l’exécutif l’incompétence et le détournement des fonds publics.
Depuis l’occupation de Bukavu, chef-lieu de la province, par les rebelles de l’AFC-M23 le 16 février 2025, toutes les institutions provinciales fonctionnant à Uvira. Cette situation exceptionnelle complique davantage la gestion de la province et nourrit les débats autour de l’opportunité d’une motion de censure en pleine crise sécuritaire.
Des avis partagés
La motion divise aussi bien les députés que la société civile.
Pour certains, l’état de guerre ne doit pas occulter la mauvaise gestion des deniers publics. Un membre de la Ligue des Indignés pour la citoyenneté responsable déclare : « Les impôts sont perçues mais aucun geste n’est posé. Même peindre un mètre carré d’un mur n’a jamais été fait. En Ituri, malgré l’état de siège, le gouverneur militaire a construit des routes et facilité les commerçants ».
Pour d’autres, la démarche n’est pas opportune. Un acteur de la société civile d’Uvira estime : « La motion de censure n’est pas vraiment au moment opportun. Les députés eux-mêmes ne résident pas à Uvira, ils ne viennent que pour les assemblées avant de repartir vers Bujumbura. »
Gouverneur imperturbable
En attendant que le bureau de l’Assemblée provinciale statue sur la recevabilité de la motion, le gouverneur Jean Jacques Purusi reste imperturbable. La décision à venir pourrait marquer un tournant politique majeur dans une province déjà fragilisée par l’insécurité.






