Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a révélé mardi 4 mai au Sénat, des irrégularités dans la gestion du Fonds d’indemnisation des victimes de l’agression ougandaise (FRIVAO). Sur les 195 millions de dollars américains disponibles, seuls 28 millions pourraient atteindre les véritables bénéficiaires.
Une fraude à grande échelle
Répondant à une question d’actualité du sénateur Muya Muboyayi, le garde des Sceaux a décrit un système marqué par des détournements de fonds publics. L’une des anomalies les plus marquantes concerne selon lui, l’explosion du nombre de bénéficiaires, passée de 3 000 à plus de 14 000 personnes sans justification claire.
Guillaume Ngefa déplore que cet instrument de réparation soit devenu le théâtre de dysfonctionnements systémiques au détriment des victimes de Kisangani.
Mesures de redressement et suspensions
Face à cette situation, le gouvernement a déjà entamé les réformes suivantes :
Suspension du président du conseil d’administration du FRIVAO ; Réorganisation complète des organes de gestion ; Lancement imminent d’un audit indépendant du fichier des bénéficiaires.
Ce plan de redressement s’articule autour de l’assainissement financier et de l’adoption de procédures de paiement transparentes.
Reprise progressive des indemnisations
Le ministre de la Justice a précisé que les indemnisations reprendront en deux étapes dans les prochains jours. Elles seront d’abord collectives, puis individuelles, une fois le fichier des victimes assaini.
En attendant le paiement intégral des réparations par l’Ouganda, le gouvernement congolais prévoit de mobiliser des ressources complémentaires, notamment celles du secteur minier. L’objectif est de transformer le FRIVAO en un instrument crédible de justice réparatrice, fondé sur la redevabilité.




