Le Tribunal militaire de garnison de Bunia, en Ituri, a rendu cent trois jugements en l’espace de trois semaines lors de quarante-cinq audiences marathon tenues du 22 juin au 14 juillet 2026. Cette réponse judiciaire accélérée vise à désamorcer une double crise, carcérale et sanitaire.
Le tribunal militaire de garnison de Bunia a mené une opération judiciaire d’envergure pour réduire la surpopulation critique à la prison centrale de Bunia tout en prémunissant l’établissement contre une propagation dévastatrice du virus Ebola.
Les dossiers examinés couvriraient une large typologie de crimes et délis graves affectant la région. À l’issue des délibérés, les peines prononcées entraînent la diversité des préventions.
Plusieurs accusés, parmi lesquels des éléments des FARDC, ont été condamnés à la servitude pénale à perpétuité pour des faits de participation à un mouvement insurrectionnel, meurtre, viol sur mineur et association de malfaiteurs.
Des peines plus d’apaisement ont été appliquées, notamment quatre mois de prison pour propagation de faux bruits. Plusieurs prévenus ont par ailleurs été purement et simplement acquittés au bénéfice du doute, faute de preuves probantes.
Désengorgement carcéral et urgence sanitaire
Avant cette série d’audiences, près de 80 % des pensionnaires de la prison centrale de Bunia croupissaient en détention préventive sans jugement. En particulier drastiquement le contingent de prévenus en attente de verdict, la justice militaire entend répondre à une double urgence :
Respecter le droit à un procès équitable dans des délais raisonnables.
Limiter la promiscuité dans un centre pénitentiaire surpeuplé, un facteur d’amplification hautement critique dans le contexte actuel d’épidémie d’Ebola qui sévit en Ituri.
Cette opération judiciaire a été menée avec l’appui technique, logistique et financier de la section d’appui à la justice de la MONUSCO. L’accompagnement de la mission onusienne a permis de couvrir l’ensemble des charges logistiques, ainsi que les honoraires et indemnités du corps judiciaire (magistrats, avocats et greffiers) mobilisés pour ces audiences foraines.





