Le chef de l’État s’est dit prêt, mercredi 6 mai, à accepter un nouveau mandat si « le peuple le demande ». Lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, il a également évoqué la situation sécuritaire comme un facteur pouvant influencer le calendrier électoral de 2028.
Cette déclaration suscite de vives réactions au sein de l’opposition. Les acteurs politiques Delly Sesanga et Claudel Lubaya dénoncent une violation programmée de la Constitution et un risque pour la stabilité démocratique du pays.
Delly Sesanga : « Les masques sont tombés »
Pour le député et opposant Delly Sesanga, les déclarations du chef de l’État marquent un tournant.
« Les masques sont tombés », a-t-il réagi, accusant Félix Tshisekedi de vouloir désormais « manœuvrer à découvert » en vue d’un troisième mandat par plébiscite.
Il estime que la RDC ne peut se permettre un nouveau cycle de tensions institutionnelles et appelle les forces démocratiques à s’opposer à toute tentative de prolongation du pouvoir en dehors du cadre constitutionnel.
Claudel André Lubaya invoque la Constitution
Dans la même dynamique, l’opposant Claudel André Lubaya a fermement rejeté toute justification d’un troisième mandat au nom de la volonté populaire.
Dans une déclaration intitulée « Ni mission, ni troisième mandat », il rappelle que la Constitution encadre strictement sa révision, notamment à travers l’article 218, et impose le respect de l’ordre constitutionnel via l’article 64.
Il souligne également que certaines dispositions, protégées par l’article 220, sont intangibles et ne peuvent être modifiées sous aucun prétexte.
Ces prises de position interviennent dans un contexte politique déjà marqué par des tensions autour de la gouvernance et de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Alors que le pouvoir met en avant la souveraineté populaire, l’opposition met en garde contre toute dérive susceptible de fragiliser les acquis démocratiques et les institutions.




