Environ de 80 % des sages-femmes sont sans emploi au Kasaï-Central, selon l’Association congolaise de la pratique des sages-femmes (SCOSAF). Cette structure a révélé ces chiffres en marge de la Journée internationale de la sage-femme célébrée le 5 mai.
Selon le président de l’association, Laurent Ngalamulume, sur environ 333 sages-femmes que compte la province, seule une soixantaine sont actuellement affectées.
« Faute d’affectations et de salaires, la prise en charge des accouchements est souvent abandonnée à un personnel non qualifié, mettant en péril la santé maternelle », alerte-t-il.
Un déficit criant dans les maternités
La SCOSAF dresse le constat d’un grand déséquilibre dans la répartition du personnel qualifié. Sur les 333 sages-femmes recensées dans la province, seulement 67 sont en activité, tandis que 266 restent sans emploi. L’association affirme également que près de 26 zones de santé disposent de maternités sans aucune sage-femme affectée. Dans certains établissements, les professionnelles présentes sont même affectées à d’autres services que la maternité.
Des conditions de travail précaires
Pour les rares sages-femmes en activité, les conditions de travail demeurent difficiles. Selon Laurent Ngalamulume, à peine 30 % des sages-femmes actives sont matriculées et perçoivent un salaire régulier. Les autres travaillent sans rémunération et, pour beaucoup, sans prime de risque.
La santé maternelle menacée
Cette pénurie de personnel qualifié fragilise davantage le système de santé dans la province. Dans plusieurs centres de santé, les accouchements sont assurés par des infirmiers ou, en milieu rural, par des accoucheuses non qualifiées.
Pour la SCOSAF, cette situation rend « illusoire » le concept de gratuité de la maternité sans la présence effective de spécialistes qualifiés.
L’association plaide ainsi pour une intégration effective des sages-femmes dans le système de santé ainsi que pour le rétablissement de leurs droits salariaux.




